Java : une nuit dans le cratère du Kawah Ijen

Découvrir le Kawah Ijen, sur l’île de Java en Indonésie, restera mon meilleur souvenir de notre road-trip en Asie et j’ai encore du mal à trouver les mots pour décrire cet incroyable moment. Si vous passez sur l’île de Java, il est impensable de ne pas réaliser une descente au cœur ce volcan explosif, où vous aurez peut être la chance d’admirer les flammes bleues et la force des porteurs de soufre. Retour sur cette nuit hors du commun !

Où loger pour se rendre au Kawah Ijen ?

Pour réaliser l’excursion au Kawah Ijen, vous pouvez rechercher un logement dans tous les villages alentours. Nous avons opté pour un homestay à 6km de Banuywangi, Javalindra Homestay, un des meilleurs prix que nous avons trouvé dans la zone.

Préparer sa visite au Kawah Ijen

Nous avons réservé notre excursion dans le Kawah Ijen directement auprès du propriétaire de notre homestay. Nous avons payé 330 000 RP soit environ 20€ par personne pour le transfert en voiture jusqu’au volcan, le ticket d’entrée, un guide, un masque à gaz et le transfert jusqu’au homestay après l’excursion.
Vous pouvez vous arranger pour baisser les coûts en vous rendant au Kawah Ijen en scooter et vous n’aurez aucun problème à réaliser l’excursion sans guide. Dans notre cas, nous nous sommes renseignées pour réserver un taxi qui nous attendrait là-bas mais celà revenait presque aussi cher que le tarif proposé par notre homestay.

La nuit dans le cratère du Kawah Ijen

Et voilà, nous y sommes ! J’attendais avec impatience depuis notre arrivée à Java d’aller voir ce fameux volcan. La journée précédent l’excursion, sachant que le départ été prévu à minuit, j’ai passé l’après-midi a essayer de faire une petite sieste mais l’excitation m’a empêchée de fermer l’œil ! Finalement, après une petite heure de sommeil entre 22 et 23h, nous voilà en train de nous préparer pour la grande aventure.
Je ne sais pas comment est le climat à la saison chaude, mais si vous prévoyez de vous rendre au Kawah Ijen lors de la saison des pluies, pensez à vous couvrir chaudement. La montée du volcan vous réchauffera, mais lorsque vous vous poserez au dessus du cratère pour admirer le levée du soleil sur le lac, il fera très froid !

Début de l’ascension

Arrivés sur le parking, nous rejoignons un groupe d’environ 7 autres touristes. On nous remet une lampe de poche et un masque à gaz, puis notre chauffeur nous confie à celui qui sera notre guide, un ancien mineur de soufre.
Nous le suivons alors pour commencer l’ascension. La route (goudronnée il me semble, mais mon souvenir est un peu flou) est assez bonne. Par contre, la montée est abrupte et je m’essouffle extrêmement vite. L’obscurité est totale et ma lampe de poche meurt à petit feu. Après cette grande montée, nous continuons sur un sentier un peu moins abrupt. Finalement, nous montons environ 3km avant d’atteindre le haut du Kawah Ijen, et les barrières qui entourent son cratère.

Descente dans le cratère

Rassemblés sous un panneau indiquant que la descente dans le cratère est interdite, notre guide nous demande de mettre nos masques à gaz puisque nous allons commencer à descendre, l’insolence est totale ! J’avoue qu’à ce moment là, je me demande s’il est sûr de ce qu’il fait, mais l’excitation me fait très vite oublier le stress.

Nous démarrons alors la descente en file indienne. Ce n’est plus du tout un sentier, nous descendons sur des pierres et l’exercice est difficile. Les pierres roulent sous nos pas, on avance à tâtons, on manque de glisser toutes les 5 minutes. Plus on descend et plus la fumée devient opaque, compliquant encore la tache. Nos yeux nous piquent et les masques à gaz, en plus de nous faire suffoquer, font couler le nez. Je n’arrête pas de l’enlever pour me moucher et à chaque fois, la même sensation, celle d’avoir fumé tout un paquet de clope en moins de 10 secondes.
Pendant ce temps, notre guide gambade, agile, il saute de rochers en rochers à la rescousse des touristes qui chacun leur tour se retrouvent les fesses par terre. Bref, la descente n’est pas facile et pourtant, au fond de moi, je ne suis que joie. Je n’arrête pas de me répéter, pour essayer de réaliser, qu’il est trois heures du matin, et que je suis dans un volcan, dans un P****N de volcan !

L’ambiance dans cette fumée épaisse est mystérieuse, irréelle. On entend le bruit des pioches des mineurs, le « gargouillement » du volcan et tout est pourtant si calme. C’est à la fois pesant et magique. J’ai un peu perdu la notion du temps mais je pense que nous avons descendu une bonne demi heure avant d’arriver finalement au fond du cratère.

A cette endroit, nous pourrons admirer les flammes bleues, si les conditions le permettent (il ne faut pas qu’il y ait trop de vent). On attend quelques minutes, rien ne se passe. Puis d’un coup un guide montre une petite formation de flammes bleues. Là, son groupe de touristes se jette dessus, ils se font tous passer les téléphones des uns et des autres pour les prendre en photos, ça dure une éternité. Je suis très énervée : ne pas pouvoir prendre de photo la flamme bleue, je veux bien, mais alors ne pas pouvoir l’apercevoir car tout un troupeau l’encercle, je ne suis pas d’accord du tout. Je reste un peu en retrait, en rageant contre tout ces gens puis finalement, au bout de 5 grosses minutes, j’estime que c’est mon tour, quitte à écraser les gens, je rentre dans le troupeau et me fraye un chemin. Et la je suis servie, la flamme a grandit, c’est un vrai petit feu bleu qui brûle !

Notre guide nous fait alors faire un tour dans le cratère. Nous voyons les mineurs qui travaillent, cassant des blocs de soufre de plusieurs kilos avec leur barre, qu’ils remonteront ensuite sur leur dos.

Suite à cela, nous nous approchons du lac. C’est un des lacs les plus acides du monde. J’y mets ma main, c’est assez chaud et agréable, la température d’un bon bain.

Enfin il est temps de remonter, le jour va bientôt se lever. La montée est moins dangereuse que la descente, mais tout aussi difficile, je suis complétement essoufflée derrière mon masque à gaz. Alors que je m’épuise, les porteurs de soufre nous doublent tranquillement, des paniers de 80 kg sur leurs épaules et un simple chiffon pour protéger leur visage. A ce moment là, je ressens tellement de tristesse pour ces personnes qui vivent de manière si difficile, qui risque leur vie chaque jour dans ce volcan, et en même temps une si profonde admiration pour ce qu’ils font. D’autres émotions qui viennent s’ajouter à toutes celles que j’ai pu ressentir cette nuit là.

Lever de soleil

Une fois ressortis du cratère, nous retrouvons notre souffle. Nous longeons la paroi du volcan et nous nous installons un peu plus loin, pour admirer le lever du jour sur le lac d’acide. Il fait froid, le vent souffle et la pluie tombe, je mets ma super capote en plastique et j’essaye d’oublier tous ces paramètres désagréables pour juste profiter au maximum de ce moment.

Au fur et à mesure que le jour se lève, le lac prend cette incroyable couleur turquoise. La beauté est surnaturelle. On voit aussi la fumée sortir de cratère et on réalise difficilement qu’il s’agit de là où nous nous tenions un peu plus tôt. Nous restons là, à contempler le lac, peut être plus d’une heure, puis nous commençons à prendre la route du retour.
On reprend alors le chemin de 3 km que l’on avait précédemment emprunté de nuit pour retourner vers le parking. Pendant toute la marche, j’ai l’impression de flotter, l’impression de sortir d’un rêve, ce moment quand on se réveille et qu’on essaye de se souvenir de ce qui réel et ce qui ne l’est pas. Et ce qui me rend extrêmement heureuse, c’est que la nuit dans le Kawah Ijen, c’était pas un rêve, elle a bien existée.

Le Kawah Ijen, c’était magique, à la fois épuisant et satisfaisant, mais c’était surtout une vraie claque, un milliard d’émotions dans un si court laps de temps. Après cette excursion, je répétais que « je n’allais jamais m’en remettre » et j’avais raison, parce qu’aujourd’hui, presque deux mois après, je ne m’en remets toujours pas !

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